En EHPAD, le test de Tinetti est souvent rempli à l’admission puis rangé dans un classeur sans jamais ressortir. Le problème n’est pas le manque de volonté des équipes, c’est le format du document lui-même : des grilles mal photocopiées, des consignes rédigées pour des kinésithérapeutes, et un barème qui varie d’une version à l’autre. Un support simplifié, pensé pour le terrain, change la donne sur la régularité des évaluations.
Pourquoi le test de Tinetti standard pose problème aux équipes soignantes
Le test de Tinetti (aussi appelé POMA, Performance-Oriented Mobility Assessment) évalue l’équilibre et la marche à travers 16 items standardisés, avec un score total sur 28. Sur le papier, la passation prend environ cinq minutes. En pratique, c’est souvent plus long.
Les aides-soignantes et les infirmières qui réalisent le test au quotidien ne l’ont pas toujours appris en formation initiale. Elles se retrouvent face à des formulations cliniques pensées pour des professionnels de la rééducation. La distinction entre « polygone de sustentation large » et « instabilité posturale » n’est pas évidente quand on a trois résidents à accompagner avant le déjeuner.
On peut accéder au test de Tinetti en pdf dans une version reformulée avec un vocabulaire opérationnel, des cases de cotation agrandies et des consignes visuelles. Ce type de support réduit le temps de passation et limite les erreurs de notation entre collègues.
L’autre souci concerne la circulation de plusieurs versions du barème. Selon Arcane Physio, plusieurs versions du barème Tinetti circulent sans harmonisation, ce qui complique la comparaison des scores d’un établissement à l’autre, voire d’un étage à l’autre dans le même EHPAD.

Score Tinetti : interpréter les résultats pour agir vite
Le score se décompose en deux parties : équilibre statique (sur 16 points) et marche (sur 12 points). Le total sur 28 donne une indication du risque de chute, mais le Tinetti ne doit pas être utilisé seul pour prédire les chutes. Sa sensibilité prédictive reste modérée selon les synthèses récentes.
Un score bas ne suffit pas à déclencher un protocole. Il faut le croiser avec l’historique des chutes du résident, ses traitements médicamenteux (psychotropes, antihypertenseurs) et son niveau d’autonomie global. Un résident qui obtient un score correct mais qui a chuté deux fois le mois précédent reste à risque élevé.
Ce que le score déclenche concrètement
- Un score faible sur la partie équilibre oriente vers un travail de renforcement postural avec le kinésithérapeute, et une vigilance accrue lors des transferts lit-fauteuil
- Un score faible sur la partie marche questionne le chaussage, l’éclairage des couloirs et l’adéquation de l’aide technique (canne, déambulateur)
- Un score global qui chute entre deux évaluations signale un changement d’état qui mérite une réévaluation médicale rapide
Le piège fréquent : noter le score sans le transmettre. Si le résultat reste dans le dossier de soins sans remonter à l’équipe pluridisciplinaire, l’évaluation ne sert à rien.
Quand réévaluer le test de Tinetti en EHPAD
Beaucoup d’établissements programment une évaluation annuelle ou semestrielle. C’est un minimum, mais une réévaluation après chaque changement d’état est nécessaire. Une chute, une modification de traitement, une infection urinaire, un retour d’hospitalisation : chacun de ces événements peut rendre le dernier score obsolète.
Sur ce point, les retours varient d’un établissement à l’autre. Certaines équipes réévaluent systématiquement à J+7 après une chute, d’autres attendent la prochaine évaluation programmée. La première approche donne de meilleurs résultats pour ajuster rapidement les mesures de prévention.
Intégrer le Tinetti dans le protocole chute
La HAS insiste sur une démarche collective de sécurité des soins qui dépasse le seul dépistage individuel. Le signalement des chutes, l’analyse des circonstances (chute avec ou sans témoin, horaire, lieu) et la formation continue des équipes comptent autant que le score lui-même.
Un PDF simplifié du test facilite cette démarche parce qu’il peut être rempli par n’importe quel membre de l’équipe, pas uniquement par l’infirmière coordinatrice. Plus le test est accessible, plus il est utilisé régulièrement.

Version PDF simplifiée du Tinetti : ce qui change pour le terrain
Un bon support simplifié ne retire rien au contenu clinique du test. Il reformule les consignes dans un langage compréhensible par tous les professionnels de l’EHPAD, y compris les aides-soignantes et les agents de service.
- Les items sont reformulés avec des verbes d’action concrets (« le résident se lève sans s’appuyer sur les accoudoirs » plutôt que « capable sans l’aide d’un appui des bras »)
- Les cases de cotation sont agrandies pour être remplies au stylo, debout, dans un couloir
- Un encadré rappelle les seuils d’alerte directement sur la feuille, sans devoir chercher dans un guide séparé
- Le score total et les deux sous-scores apparaissent en bas de page avec un code couleur lisible
Ce format ne remplace pas la formation. Un nouveau professionnel qui découvre le Tinetti a besoin qu’on lui montre la passation au moins une fois, idéalement avec un résident volontaire. Le PDF sert de support mémoire ensuite.
Limites du test à garder en tête
Le Tinetti couvre imparfaitement les équilibres anticipatoire et réactif. Un résident peut obtenir un bon score en conditions calmes et chuter dès qu’il est bousculé ou surpris. Associer le Tinetti à d’autres outils fonctionnels (comme le Timed Up and Go) donne une image plus complète du risque.
Le test ne mesure pas non plus la peur de chuter, qui est un facteur de restriction d’activité majeur en EHPAD. Un résident qui limite ses déplacements par appréhension perd en mobilité, ce qui aggrave le risque réel de chute. Cette dimension relève de l’observation quotidienne des équipes, pas d’un score standardisé.
Télécharger un support clair et l’imprimer en plusieurs exemplaires pour chaque étage reste le geste le plus simple pour que le test sorte du classeur et devienne un outil de travail partagé. Le score ne vaut que s’il circule, se compare dans le temps et déclenche des actions concrètes auprès du résident.



